DECLARATION AU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES PAR SON EXCELLENCE MONSIEUR ZEPHYRIN MANIRATANGA, AMBASSADEUR ET REPRESENTANT PERMANENT DU BURUNDI SUR LE RAPPORT DU SGNU SUR LES RECENTS DEVELOPPEMENTS EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO ET LA MONUSCO

DECLARATION AU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES PAR SON EXCELLENCE MONSIEUR ZEPHYRIN MANIRATANGA, AMBASSADEUR ET REPRESENTANT PERMANENT DU BURUNDI SUR LE RAPPORT DU SGNU SUR LES RECENTS DEVELOPPEMENTS EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO ET LA MONUSCO
Monsieur le Président,
1. Nous remercions le Secrétaire Général pour son rapport sur la situation en République Démocratique du Congo et pour les efforts continus de la MONUSCO en faveur de la protection des civils et du processus de paix.
2. Nous souhaitons souligner la dimension régionale de cette crise. Au paragraphe 5, le rapport relève l’engagement du Président du Burundi, Son Excellence Évariste Ndayishimiye, Président en exercice de l’Union africaine, aux côtés d’autres acteurs régionaux et religieux, pour réduire le risque de confrontation dans le contexte politique congolais. Au paragraphe 28, il fait état des échanges du Représentant spécial du Secrétaire général avec les autorités du Burundi, du Rwanda et de l’Ouganda, dans le cadre de ses bons offices en faveur des processus de paix.
3. Ces éléments montrent que la résolution de la crise dans l’est de la République démocratique du Congo exige une approche régionale concertée.
4. Depuis des décennies, la région des Grands Lacs, en particulier l’Est de la République Démocratique du Congo, connaît des cycles dévastateurs de violence. Les causes de cette instabilité sont documentées et des solutions ont été proposées. Le Conseil de sécurité a adopté plusieurs résolutions à cet égard, notamment la résolution 2773 (2025), dont le Burundi appelle à la pleine mise en œuvre.
5. La question est désormais celle de l’application effective des décisions déjà adoptées. Nous ne pouvons attendre une nouvelle flambée de violence pour adopter une nouvelle résolution, alors que les engagements précédents restent insuffisamment appliqués. Les populations civiles ne peuvent continuer à en payer le prix.

6. Il est temps de passer de la réaction à la prévention, à la mise en œuvre et à la responsabilisation. C’est également le sens du Sommet extraordinaire de l’Union africaine tenu à Luanda le 30 août 2026, consacré au renforcement des mécanismes de prévention et de règlement des conflits en Afrique. Ses orientations doivent se traduire par une action précoce, une meilleure coordination régionale et un suivi rigoureux des engagements pris.
Monsieur le Président,
7. Les pays voisins supportent directement les conséquences de la crise. Le Burundi, en particulier, continue d’accueillir un nombre important de réfugiés congolais. Cette solidarité fait peser une lourde charge sur un pays aux ressources limitées et sur les communautés qui accueillent ces familles. Cette réalité doit être pleinement prise en compte dans l’action internationale en faveur de la paix et de la stabilité régionales.
8. La situation au Sud-Kivu, notamment autour de Minembwe et d’Uvira, rappelle que l’instabilité en République démocratique du Congo ne peut être dissociée de son environnement régional.
La protection des civils, les déplacements forcés et les risques transfrontaliers exigent une coopération étroite entre la République démocratique du Congo, les pays voisins et les mécanismes régionaux.
9. À cet égard, la plateforme I-RECKE de l’Union africaine, consacrée à l’échange interrégional de connaissances sur l’alerte précoce et la prévention des conflits, peut contribuer au partage d’expériences entre l’Union africaine, les communautés économiques régionales et les mécanismes régionaux. Nous encourageons la mobilisation de ces capacités au service d’une prévention plus efficace dans la région des Grands Lacs.
10. Le Burundi salue les premières missions de vérification du cessez-le-feu menées dans le cadre du mécanisme conjoint élargi de vérification Plus « EJVM+ » à Minembwe et à Masisi, avec l’appui de la MONUSCO. Elles constituent une étape encourageante. Toutefois, la poursuite des combats montre que ces premiers progrès demeurent fragiles. Nous appelons les parties à respecter leurs engagements, à coopérer pleinement avec les mécanismes de vérification et à permettre le déploiement d’autres missions sur le terrain.
11. Nous voudrions attirer également l’attention du Conseil sur les développements relatifs au désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda, les FDLR.
Le rapport indique qu’une faction a signé un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. Il relève aussi que la République démocratique du Congo a présenté un plan de désarmement, de démobilisation et de réintégration dans le cadre du processus de Washington, tout en constatant que des divergences subsistent entre les parties sur sa mise en œuvre.
12. Ces démarches doivent être poursuivies de bonne foi et déboucher sur des mesures vérifiables. Nous appelons à la cessation de tout soutien aux groupes armés et à la mise en œuvre des engagements pris pour répondre aux préoccupations de sécurité dans la région, dans le plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
13. La MONUSCO a un rôle concret à jouer dans cet effort. Le rapport souligne sa contribution au processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration, notamment au traitement et au rapatriement des ex-combattants des FDLR. Il fait état du rapatriement au Rwanda, le 8 septembre, de 120 ex-combattants étrangers, dont des membres des FDLR, et de personnes à leur charge. Ces capacités doivent être préservées et prises en compte dans les discussions sur le renouvellement du mandat de la Mission.
Monsieur le Président,
14. La protection des civils doit rester au centre de notre action. Le rapport documente de nouvelles pertes civiles, des déplacements forcés et de graves violations des droits humains dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Il souligne aussi les difficultés d’accès rencontrées par la MONUSCO et les acteurs humanitaires. Nous demandons à toutes les parties de protéger les civils, de garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave et de respecter la liberté de mouvement de la Mission.
15. L’épidémie d’Ebola aggrave encore les besoins humanitaires et complique les opérations sur le terrain. Elle appelle une réponse coordonnée, dotée des ressources nécessaires, ainsi que la coopération des pays voisins pour faciliter l’acheminement du personnel et des fournitures de santé.
16. Nous saluons également les efforts visant à organiser un dialogue national en République démocratique du Congo. Pour contribuer durablement à la paix, ce dialogue doit être inclusif, crédible et transparent, et permettre une participation réelle des femmes et des jeunes.
17. Le processus de paix doit respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de la République démocratique du Congo. Il doit également conduire au retrait de toute force étrangère présente illégalement sur son territoire. Nous appelons à un suivi crédible et transparent des engagements pris, associant les acteurs régionaux et internationaux concernés et s’appuyant sur les mécanismes de vérification existants.
18. Le Burundi souhaite par ailleurs que les prochains rapports du Secrétaire Général continuent de rendre compte de manière précise et équilibrée de la contribution des acteurs régionaux aux efforts de paix, de médiation, de vérification du cessez-le-feu et de protection des civils.
19. À l’approche du renouvellement du mandat de la MONUSCO, le Conseil de sécurité doit veiller à ce que la Mission dispose des moyens nécessaires pour protéger les civils, appuyer la vérification du cessez-le-feu et contribuer aux efforts de désarmement et de stabilisation.
20. Nous appelons le Conseil à faire de la mise en œuvre de ses propres décisions une priorité. Notre objectif commun doit être de prévenir le prochain cycle de violence, et non d’avoir à en constater les conséquences dans une nouvelle résolution.
21. Enfin, nous réaffirmons l’importance d’une coordination étroite entre les Nations Unies, l’Union africaine, les mécanismes régionaux et les États de la région pour transformer les engagements politiques en résultats concrets.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

Voir aussi

DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU BURUNDI ET PRESIDENT EN EXERCICE DE L’UNION AFRICAINE AU DÉBAT GÉNÉRAL DE LA 81ème SESSION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES

DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU BURUNDI ET PRESIDENT EN EXERCICE DE L’UNION AFRICAINE …

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